Lors de sa première participation officielle après avoir pris les rênes du ministère de l'Investissement et du Commerce Extérieur, le Dr Mohamed Farid a esquissé les contours d'une nouvelle ère pour la transformation économique numérique. C'était à l'occasion de sa prise de parole lors de la conférence « Disruptech Sharm 2026 – Fintech and Beyond », un événement qui a réuni 16 fonds d'investissement mondiaux, régionaux et locaux, ainsi que des dirigeants de banques d'investissement.
Le message clé de cette première apparition du ministre ne se limitait pas à soutenir le secteur de la technologie financière (Fintech). Il a surtout souligné le passage de l'État à une étape plus large, allant au-delà de la « Fintech » vers le concept de « Beyond Fintech ». L'idée est d'intégrer la technologie de manière plus profonde et plus impactante dans les systèmes de commerce, d'investissement et de production.
De l'essor législatif à la refonte de l'environnement des affaires
Le ministre a expliqué que l'Égypte a connu ces dernières années un véritable bond en avant législatif et réglementaire, très favorable à l'entrepreneuriat et à l'innovation. Cela s'est manifesté notamment par la modernisation des cadres réglementaires au sein des autorités de surveillance et des institutions financières. Ces réformes ont permis une croissance notable du nombre d'entreprises actives dans les domaines du financement à la consommation, de la microfinance et de l'affacturage commercial.
Mais le message analytique le plus important de son discours était que la phase de construction du cadre législatif est en grande partie achevée. Le défi actuel est plutôt de maximiser les bénéfices économiques de cet environnement en intégrant les startups dans l'activité productive réelle, sans se contenter de la seule phase de financement.
Beyond Fintech... Élargir l'impact économique
Le passage au concept « Beyond Fintech » signifie concrètement étendre l'utilisation de la technologie, au-delà des simples outils de financement numérique, pour en faire des mécanismes qui améliorent l'efficacité des marchés et des chaînes d'approvisionnement.
Dans ce contexte, le ministre a présenté deux axes principaux :
TradeTech : Il s'agit d'un outil stratégique pour réduire les coûts commerciaux, améliorer la gestion des chaînes d'approvisionnement et renforcer la compétitivité des exportations égyptiennes. Cela passe par le développement de systèmes de données et la mise en relation des exportateurs avec les prestataires de services logistiques.
Suptech : L'objectif est d'améliorer l'efficacité des marchés et la surveillance intelligente, ce qui soutient la durabilité et crée un environnement plus transparent et compétitif.
Cette orientation montre bien que les autorités reconnaissent que la compétitivité économique ne se construit plus seulement avec des incitations financières, mais aussi grâce à l'efficacité opérationnelle et à une transformation numérique complète.
Les laboratoires réglementaires... Tester l'innovation avant de la généraliser
L'un des points les plus marquants révélés par le ministre est l'étude de la création de laboratoires réglementaires (Regulatory Sandboxes) au sein du ministère, en collaboration avec les entités concernées. L'idée est d'y tester les solutions innovantes avant de les appliquer à grande échelle.
Cette démarche est très significative : elle indique un changement de philosophie en matière de réglementation, passant d'une surveillance traditionnelle à une surveillance expérimentale et flexible. Cela permettra de développer des solutions pratiques aux problèmes du commerce extérieur, notamment pour connecter plus efficacement les importateurs et les exportateurs aux systèmes de services logistiques.
Au-delà du financement : Intégrer les startups dans l'économie nationale
Le ministre a clairement indiqué que la prochaine étape va au-delà du simple financement des startups. Il s'agit de leur donner les moyens de se développer et de s'intégrer dans les chaînes de valeur locales, régionales et mondiales.
Cette vision représente un véritable tournant : le succès des startups ne sera plus mesuré uniquement par le nombre de tours de financement, mais par leur capacité à créer des emplois, à augmenter la production et à contribuer à l'augmentation des exportations.
L'intégration de l'investissement et du commerce... Le pari de cette nouvelle phase
Le discours a également mis en lumière une orientation vers l'intégration des politiques d'investissement et commerciales, considérées comme deux voies interdépendantes et indissociables. En effet, stimuler l'investissement sans améliorer l'efficacité du commerce ne produirait pas tous les bénéfices attendus, et vice-versa.
D'où l'accent mis sur :
La numérisation des politiques et programmes commerciaux
La construction de bases de données précises pour aider à la prise de décision
La facilitation du financement pour les entreprises ayant dépassé le stade de l'idée
Le renforcement de la communication directe avec la communauté des affaires
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